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La filière du biométhane alerte sur un coup d’arrêt pour les projets agricoles


| La France Agricole | Lobbying
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Selon les représentants de la filière du biométhane, les dernières annonces du gouvernement le 25 juin 2026 mettent en péril l’avenir de la méthanisation agricole, et par conséquent, les objectifs fixés à l’horizon de 2030.

Les représentants de la filière du biométhane montent au créneau. À la suite des annonces du gouvernement présentées lors du Groupe national d’échanges sur le biogaz du 25 juin 2026, l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), France Gaz Renouvelables, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et France Gaz expriment leur incompréhension et leur vive inquiétude dans un communiqué conjoint diffusé le 6 juillet 2026. Ils dénoncent une réforme qui, selon eux, met en péril les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) à l’horizon de 2030.

Si les organisations saluent les avancées concernant les certificats de production de biogaz (CPB), elle considère que le dispositif reste incomplet. Les organisations demandent notamment pour celui-ci « une monotonie des volumes dans le temps, une indexation de la pénalité et une mise en œuvre au plus tard en septembre afin que le dispositif soit complet ».

Les projets agricoles menacés

Mais c’est surtout la réforme du tarif d’achat qui cristallise les inquiétudes. Le gouvernement prévoit une baisse des volumes éligibles, un abaissement du plafond et une révision des paramètres économiques. Des évolutions qui toucheraient en priorité les projets agricoles actuellement en développement, dont la majorité affiche une capacité comprise entre 10 et 20 GWh par an.

Pour les organisations, « le tarif d’achat demeure indispensable » tant qu’aucun dispositif alternatif adapté au marché français n’a été construit en concertation avec les acteurs de terrain. « La recherche du meilleur coût pour l’énergie est légitime, mais l’introduction précipitée d’un mécanisme d’appel d’offres n’est pas une réponse à la hauteur des enjeux », estiment-elles. Selon la filière, cette approche ne prend pas en compte l’ensemble des bénéfices de la méthanisation : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la transition agricole, la souveraineté alimentaire, la réduction de la dépendance aux engrais importés et le développement économique des territoires. Les représentants de la filière rappellent également que « la méthanisation n’a de sens que si elle se développe aussi avec les agriculteurs. C’est cette ambition que portent les associations de la filière et que les pouvoirs publics mettent aujourd’hui en danger. »

Suspendre la révision du système

« Alors que les CPB ne seront pas encore pleinement opérationnels avant la publication du décret, réduire immédiatement le tarif d’achat reviendrait à bloquer tous les projets de nouvelles installations », alerte les organisations. Elles soulignent aussi que la mise en place rapide d’un système d’appel d’offres crée une forte incertitude, alors même que les financeurs réclament de la visibilité avant d’accompagner les porteurs de projets.

La filière demande donc au gouvernement de « suspendre cette révision pour engager sans délai une concertation afin de préserver les investissements déjà engagés, de conserver la dynamique de développement des projets et de démontrer son soutien réel au développement de la méthanisation agricole ».

Une ambition jugée en recul

Au-delà des mécanismes de soutien, la filière regrette un manque d’ambition global pour le biométhane. Elles pointent la diminution des volumes bénéficiant d’un soutien public, le manque d’objectifs renforcés pour la mobilité ainsi que l’absence de dispositifs destinés à favoriser l’utilisation du biométhane dans l’industrie.

Selon elles, miser principalement sur les contrats privés, encore très peu développés, « est incompréhensible ». Alors que le gouvernement présente le biométhane comme une solution de souveraineté énergétique, de décarbonation et de développement des territoires, les représentants de la filière s’interrogent : « Alors même que le monde agricole et la filière des gaz renouvelables se sont inscrits dans la dynamique de la PPE 3, pourquoi la mettre en risque par une décision budgétaire précipitée ? »