« Une usine à gaz qui n’a rien à faire dans le paysage » : le projet de méthanisation suscite l’inquiétude au Renouard
Face aux nombreuses interrogations et craintes exprimées par les habitants du Renouard (Orne) au sujet du projet d’unité de méthanisation portée par l’exploitant agricole Arthur Danière, une réunion publique s’est tenue vendredi 23 octobre 2026, en soirée, dans la commune. À la demande de la maire Angélique Martsinkevistch, l’agriculteur est venu présenter son projet devant une cinquantaine de personnes.
Un emplacement choisi pour « déranger le moins possible »
Reprise en 2021 par Arthur Danière, l’exploitation est principalement tournée vers les cultures céréalières destinées à l’alimentation de son cheptel, qui compte notamment 250 vaches laitières. Elles produisent du lait destiné aux appellations fromagères camembert et pont-l’évêque, transformé à la fromagerie de Beaumoncel, à Camembert, dont Arthur Danière est aussi le gérant depuis 2023.
Il a, à cet égard, souligné son engagement à la valorisation du terroir normand à travers ses produits vendus en France et à l’exportation. La ferme et la fromagerie emploient une quinzaine de personnes. Le projet de méthanisation devrait permettre la création de deux emplois supplémentaires.
Arthur Danière assure avoir choisi un emplacement situé dans un endroit choisi pour déranger le moins possible. La première habitation est à environ 500 m. Pour accéder au site de méthanisation, une voirie privée de 550 m sera créée.
Le site valorisera les effluents de sa seule ferme ainsi que les sérums et les déchets produits par la fromagerie, auxquels seront jointes des cultures intermédiaires. Le gaz rejoindra le réseau GRDF à La Brévière (Calvados) pour alimenter Vimoutiers et Livarot.
Une opposition qui s’organise
Le projet a reçu l’accord de la DRÉAL et le permis de construire a été validé par le préfet. Le chantier devrait s’engager courant 2027 . Avec une mise en service envisagée en septembre 2028. L’autorisation lui est accordée pour le traitement annuel de 10 900 tonnes . Sachant que la ferme produit à elle seule 9 000 tonnes de lisier par an », indique l’exploitant. Soit 29 tonnes par jour relève une habitante inquiète de la hausse du trafic des tracteurs et de la dégradation des voiries. À ces inquiétudes s’ajoutent celles des odeurs, du risque d’incendie du fait d’une torchère en proximité d’un bois, d’un risque d’explosion, d’une perte de valeur de nos biens etc. Arthur Danière a argué s’être inspiré de ce qui se fait de mieux pour monter son projet.
Il respecte toutes les normes ajoutant que pour limiter au maximum les nuisances olfactives, j’y ai ajouté, après les doléances d’un riverain, la construction d’un hangar au-dessus de cuves fermées et étanches. L’agriculteur affiche sa volonté de construire quelque chose qui convienne à tout le monde.
Mais dans l’assemblée, certains ne l’entendent pas de cette oreille, hostile à l’implantation d’une usine à gaz qui n’a rien à faire dans le paysage augeron ». Des habitants ont décidé de créer une association pour promouvoir et préserver le cadre de la vie de la vallée d’Auge, avec l’idée de réunir des fonds pour financer les services d’un avocat afin d’envisager les éventuels recours possibles.


