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« Il faut faire bloc contre le projet » : le méthaniseur de Plouay ne convainc toujours pas


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Malgré son changement d’emplacement, le projet de méthaniseur de Plouay suscite toujours de l’opposition. Un collectif composé d’entreprises locales et de riverains s’est ainsi constitué.

C’est un épisode de plus dans cette affaire. Le projet de méthaniseur de Plouay a beau avoir changé d’emplacement, il suscite toujours de l’opposition. Initialement voulu au Rohic, puis à Colmentec, c’est finalement au bout de la zone industrielle de Restavy, sur une parcelle privée, que le projet est envisagé.

Les opposants se sont ainsi réunis en un collectif de 58 personnes, comprenant des commerçants et entreprises de la zone, ainsi que des habitants déjà opposés au projet sur les précédents emplacements. Un changement pour lequel ces opposants disent ne pas avoir été informés par les porteurs du projet, que ce soient les agriculteurs, Lorient Agglomération ou la SEM 56 énergies. « On est mis devant le fait accompli », affirment-ils.

Anthony Barlier, l’un des huit agriculteurs porteurs de ce projet d’un peu plus de 8 M€, atteste quant à lui que les opposants en ont été informés lors d’une réunion publique, en septembre dernier.

Diverses craintes des opposants

Outre un manque de dialogue, le collectif se plaint également des nuisances potentielles, à commencer par l’odeur, un aspect souvent pointé du doigt sur les projets de ce type. « Les mauvaises odeurs ne sont généralement pas provoquées par le méthaniseur en lui-même, mais plutôt par le stockage des matières. Surtout s’il s’agit de déchets issus de l’agroalimentaire », tempère Hervé Gorius, conseiller et référent méthanisation à la Chambre d’agriculture de Bretagne. Sur place, les déchets seront stockés dans un bâtiment sous dépression, puis dans des silos, explique Bruno Paris, vice-président Lorient Agglomération et adjoint à la transition écologique.

Pour les rations, le méthaniseur de Plouay fonctionnera majoritairement grâce à des effluents agricoles, des déchets verts de Lorient Agglomération et « un petit peu de déchets agroalimentaires », ajoute Anthony Barlier. « Il s’agit par exemple d’aliments dont la date de consommation est dépassée », précise Bruno Paris.

Pas de pollution supplémentaire à craindre selon les partisans du méthaniseur, le CO2 dégagé étant celui déjà présent dans la biomasse, ce dont doutent les opposants.

« La logistique est optimisée »

D’autres aspects suscitent la crainte chez le collectif, notamment le transport. Les opposants affirment qu’un nombre important de passages sont à prévoir et que les poids lourds n’auront d’autres choix que de traverser le bourg.

Une inquiétude contredite par Bruno Paris qui assure qu’il n’y aura que cinq à six camions par jour maximum. « La logistique est optimisée, ils déposeront les déchets dans un sens et prendront les digestats dans l’autre », développe Anthony Barlier. Pour ce qui est des passages dans le bourg, celui-ci « est interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes », ajoute Gwenn Le Nay, le maire de Plouay.

Il affirme d’ailleurs ne pas avoir son mot à dire dans le dossier. « Un arrêté du Conseil d’État interdit aux communes de participer à ce genre de projet. Nous veillerons cependant au dialogue entre les différentes parties », explique le maire. « Il y aura des moyens de recours ».

Pas de quoi convaincre le collectif pour le moment, qui affirme que 46 entreprises sur les 49 présentes dans la zone de Restavy sont contre le méthaniseur. « Il faut faire bloc contre le projet. »