
Une critique doctrinale du modèle de déploiement de la méthanisation au regard du principe de précaution. Il assume que les réserves exprimées par les praticiens, les riverains et les chercheurs ne constituent pas un obstacle à la transition énergétique. Elles doivent au contraire être vues comme une opportunité pour en repenser les cadres de prudence.
Cet article prolonge une première réflexion sur les contentieux liés à la méthanisation en déplaçant le débat vers une interrogation plus fondamentale : le modèle actuel de développement de la filière est-il compatible avec le principe de précaution ? L'auteur soutient que la méthanisation a été principalement pensée comme un outil de transition énergétique, sans prise en compte suffisante des risques révélés par l'accidentologie, les incertitudes environnementales et les tensions territoriales. Il montre que le droit encadre surtout les modalités des projets, sans remettre en cause le choix politique de leur généralisation. L'article plaide ainsi pour une réévaluation doctrinale de la filière, afin que le principe de précaution guide davantage les politiques publiques et les choix de planification.

