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 —  le 16 février 2023


Un méthaniseur serait, une nouvelle fois, la cause d’une pollution de rivière. Notre alerte, lancée avant son extension, n’a malheureusement pas été entendue.
 

Des riverains ont alerté Eau et Rivières de Bretagne après avoir constaté, depuis plusieurs mois, des rejets de couleur brunâtre, visqueux et s’accompagnant d’une odeur pestilentielle en aval d’une unité de méthanisation située à Chavagne, à l’ouest de Rennes. Ce rejet termine sa course dans un bras de la Vilaine. « Nous avons transmis l’alerte à la préfecture, qui a effectué un contrôle de l’entreprise, contrôle ayant mené à l’ouverture d’une enquête », explique Pauline Pennober, en charge de l’animation de vie associative en Ille-et-Vilaine.

Un rejet récurent dénoncé par les riverains
Ce dysfonctionnement d’un méthaniseur porte, une nouvelle fois, préjudice aux rivières d’Ille-et-Vilaine qui sont déjà très fragilisées. Seulement 3 % d’entre elles sont actuellement en bon état. « Comment se fait-il qu’une entreprise, dont l’étude des dangers a été présentée à la consultation publique pour son extension en octobre 2021, puisse déjà générer un tel accident, sinon à penser que les risques des méthaniseurs sont largement minimisés ? », s’étonne Jean Peuzin, vice-président d’Eau et Rivières de Bretagne.

« Comment se fait-il qu’une entreprise, dont l’étude des dangers a été présentée à la consultation publique pour son extension en octobre 2021, puisse déjà générer un tel accident, sinon à penser que les risques des méthaniseurs sont largement minimisés ?  »
C’est déjà ce que notre association pointait du doigt dans sa déposition lors de la consultation : « Il ne semble y avoir aucun dispositif de rétention. Il semble que seul le merlon (levée de terre ou enrochement dont on entoure le bâtiment) soit envisagé comme dispositif de protection contre les accidents mais aucune information présentée dans le document ne permet de s’assurer qu’il assurera ce rôle de protection. Une gestion du risque aurait pourtant dû être prise particulièrement au sérieux compte tenu de la proximité avec le cours d’eau de la Vilaine. » ; Nous alertions alors que « le projet semble en réalité faire peser des risques importants tant sur les milieux aquatiques, la biodiversité que les riverains ».

« le projet semble en réalité faire peser des risques importants tant sur les milieux aquatiques, la biodiversité que les riverains »
 

Moins d’un an après l’autorisation par le préfet de cette exploitation, force est de constater que nos alertes n’ont pas été prises au sérieux et se sont malheureusement confirmées. 

Une pollution de plus, et après ?

Ce nouvel incident après ceux de Plaintel (22), d'Arzal (56) ou celui de l'Aulne à Chateaulin (29) qui a, rappelons-le, privé d'eau potable 180 000 personnes pendant une semaine, ne fait que renforcer notre demande de moratoire. En effet, Eau & Rivières de Bretagne demande depuis des mois qu’un moratoire soit pris sur la poursuite des créations d’unité de méthanisation en Bretagne et que toutes les unités déjà en service puissent démontrer leur capacité à se déconnecter du réseau hydrographique en cas d’accident.

Les risques de pollution ne sont qu'une des raisons de stopper ces créations d'installations non maîtrisées, avec les risques sanitaires, le détournement de terres agricoles de leur vocation alimentaire, la dégradation des sols, et bien d'autres, pour une efficacité énergétique qui fait débat faute de disposer d'un outil sérieux permettant d'établir le bilan énergétique réel de chaque installation.

Pourtant, depuis le début de l'année sept nouvelles demandes d'extensions qui ont déjà été mises en consultation rien qu'en Ille-et-Vilaine. Cette nouvelle pollution nécessite que nos administations prennent enfin la mesure des risques que représentent ces installations.

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