Accéder au contenu principal

Méthaniseur à Fouchères : environ 80 manifestants mobilisés à Sens contre le projet


| ICI | News
| ICI | News

Environ 80 manifestants se sont réunis ce samedi 10 octobre dans la matinée devant la sous-préfecture de Sens pour dénoncer le projet de méthaniseur à Fouchères. Mobilisés depuis 2021, les opposants pointent des risques pour la santé, l’eau et les sols.

Du bruit, des pancartes et un message clair. Ce samedi 10 octobre, ils étaient environ 80 devant la sous-préfecture de Sens pour dire non au projet de méthaniseur de Fouchères. Sur les pancartes, les slogans témoignent de leur opposition, à l’image de celui-ci : "Construire pour l’avenir, OUI, pour détruire, NON".

À l’origine de cette mobilisation, l’association Stop méthanisation Fouchères 89, qui conteste le projet depuis son lancement en 2021. Portée par des agriculteurs et le groupe Keon, cette unité doit permettre de produire du biogaz et du biométhane à partir de déchets organiques. Mais pour les opposants, son dimensionnement et ses conséquences potentielles suscitent de vives inquiétudes.

Soutien aux agriculteurs

Les opposants tiennent à distinguer leur combat d’une opposition au monde agricole. Pour Pierre-Henri Paillet, porte-parole de l’association, c’est avant tout le caractère industriel du projet qui pose problème. "On les soutient, mais on ne soutient pas n’importe quel projet de méthanisation quand il est industriel", rappelle-t-il. Il regrette notamment la capacité envisagée. "Dès le départ, c’était un projet à plus de 65 tonnes (par jour). S’ils s’étaient vraiment engagés à ne faire que 30 tonnes, bon, OK, on aurait laissé", explique-t-il.

Circulation, eau et immobilier au cœur des inquiétudes

Le maire de Fouchères, Laurent Boulmier, partage les préoccupations des manifestants. Selon lui, le projet ne présenterait que peu de retombées positives pour la commune, au regard des difficultés qu’il pourrait engendrer. "Juste un petit peu de taxes diverses, sinon le reste, on n’a rien", estime l’élu, qui évoque notamment les contraintes de circulation. Dans sa configuration initiale, "le projet prévoyait un passage par une voie communale de seulement 4,20 mètres de large. Quand on voit les engins qu’ils ont maintenant, c’est ingérable", déplore-t-il.

La question de la pollution de l’eau constitue également une source majeure d’inquiétude pour le maire et les opposants, qui redoutent les conséquences de l’installation sur l’environnement local. Pour l’association, la mobilisation dépasse par ailleurs les limites de Fouchères. D’autres projets de méthanisation, présentés comme similaires, sont lancés ou en préparation, notamment à Pont-sur-Vanne et à Germiny.

Autre sujet avancé par Laurent Boulmier : l’immobilier. Selon lui, les interrogations des acheteurs potentiels compliquent déjà les transactions dans le village. "Les maisons sont actuellement très compliquées à vendre, puisque les gens viennent me voir en mairie. Ils me demandent ce que c’est exactement, la méthanisation. Les propriétaires n’ont pas de suite aux compromis. Ça va devenir très compliqué", affirme-t-il.

Un nouveau recours en cours d’instruction

Sur le terrain judiciaire, les opposants ont jusqu’à présent été déboutés de leurs recours. Mais l’association ne compte pas abandonner. Un nouveau recours est actuellement en cours, cette fois contre un nouveau permis de construire qui prévoit une augmentation de l’autonomie de stockage du digestat, le résidu issu du processus de méthanisation. L’instruction de ce recours doit s’achever en novembre.