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Le projet de méthanisation de Guiscriff suspendu à la décision du Conseil d’État


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Nouveau rebondissement dans le dossier du méthaniseur de Guiscriff : le Conseil d’État doit trancher, après une série de décisions judiciaires contradictoires et des inquiétudes persistantes sur l’impact environnemental du projet.

En janvier 2023, la société Centrale Biométhane du Roi Morvan (CBRM), filiale d’Engie Biogaz, fournisseur d’énergie verte basé en Ille-et-Vilaine, a demandé au préfet du Morbihan une autorisation pour installer un méthaniseur sur un terrain de 2,5 hectares, situé à l’extérieur du bourg de Guiscriff.

L’objectif annoncé par la société est de traiter 90 tonnes de déchets organiques issus des exploitations agricoles environnantes.

Pas d’évaluation environnementale

Aussitôt le permis accordé par le représentant de l’État, les associations Eau et Rivières de Bretagne et Bretagne Vivante sont montées au créneau et ont saisi la justice administrative pour dénoncer « la vulnérabilité de cette parcelle située au cœur d’un corridor écologique et entourée de zones humides ».

Pour les associations requérantes, le préfet aurait dû ainsi exiger une évaluation environnementale et ne pas se contenter d’un simple enregistrement. Si les magistrats du tribunal administratif de Rennes ont rejeté leur requête fin 2023, les deux associations ont obtenu gain de cause devant la cour administrative d’appel de Nantes, qui a annulé l’arrêté préfectoral, en octobre 2024.

À 50 mètres d’une zone naturelle d’intérêt écologique

Ce lundi 23 mars 2026, à Paris, la CBRM a tenté de faire valider, dans une ultime procédure administrative, son autorisation initiale devant le Conseil d’État. Dans son mémoire, elle a ainsi fait valoir que son projet était inférieur au seuil des 100 tonnes nécessitant une autorisation particulière, selon les textes en vigueur. Au-delà, la procédure est beaucoup plus longue. Pour le rapporteur public de la haute juridiction administrative, le fait que la société propose d’ores et déjà des mesures compensatoires « démontre bien l’impact futur possible d’une telle centrale ». Il a ainsi insisté sur le fait que « cette unité de méthanisation serait située à 50 mètres d’une zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) et tout près de quatre autres, alors que ces espèces naturelles constituent un enjeu majeur du territoire et sont très sensibles à ces types de pollutions ».

Avant de demander le rejet du pourvoi de la société Centrale Biométhane du Roi Morvan, donc la confirmation de l’annulation de l’autorisation du préfet du Morbihan, le magistrat parisien a également pointé « les risques de pollution des eaux et des milieux aquatiques en cas de déversement accidentel ».