Le collectif opposé au méthaniseur de Revelles veut faire annuler son permis de construire
Le terrain de substitution qu’ils proposaient, pour y déplacer le futur équipement, n’a pas été retenu par la société porteuse du projet. De ce fait, les habitants n’en veulent plus du tout. Ils étaient réunis ce vendredi 11 septembre 2026.
En janvier dernier, un collectif d’habitants, comptant une vingtaine de membres, naissait à Revelles, pour s’opposer au lieu prévu d’implantation d’un méthaniseur. Un équipement porté par la Sas Gournay de Quevauvillers et réunissant GrDF et six agriculteurs de villages proches de Revelles (mais aucun du village même si ceux-ci y louent des maisons ou y exploitent des terres).
Ce méthaniseur devrait être construit au bord et à droite de la voie communale 7, juste avant le pont qui enjambe l’A29 en venant du carrefour non aménagé de la D 1029 qui relie Amiens à Poix-de-Picardie.
« Nous sommes contre ce projet en l’état car, comme il n’est qu’à 478 mètres des premières habitations du village et sous les vents dominants, il va générer de nombreuses nuisances pour les habitants du village et, en particulier, des odeurs nauséabondes. Mais il y aura aussi l’explosion du trafic routier dans le village et sur un axe étroit et pentu qui n’est pas du tout calibré pour cela et où deux voitures ont déjà du mal à se croiser, les risques de pollution et industriels, la dévalorisation des biens du village », détaillaient alors les membres du collectif.
Se voulant cependant dans une opposition constructive les membres du collectif proposaient alors un autre lieu pour l’implanter : toujours au bord de l’A29 et à proximité de la D 1029 mais au bord de la Départementale 51 qui prolonge la rue d’Amiens, au niveau du pont qui passe sous l’autoroute.
« Une proposition que la Sas Gournay n’a pas trouvée intéressante, arguant des problèmes de pente, d’alimentation, d’étude à refaire ou encore de passage du pont pour les canalisations de gaz », expliquait Benoît Lefèvre, membre du collectif, à l’occasion d’une réunion d’information sur le dossier, ce vendredi 11 septembre 2026 au soir, dans une salle communale. Une quarantaine d’habitants du village y assistaient dont la nouvelle maire, Françoise Léandri.
Désormais contre le projet
Benoît Lefèvre leur a rappelé les grandes lignes du projet : « ce méthaniseur s’implanterait sur 20 815m², soit 2 hectares, et traiterait entre 25 et 29 tonnes d’effluents et de résidus agricoles par jour. Il générerait le passage de 2,5 véhicules par jour, des camions, qui, compte tenu de la situation des agriculteurs fournisseurs devront traverser le village… »
Avant d’expliquer que le collectif est désormais contre le méthaniseur, pour lequel un permis de construire sous réserve a été délivré le 4 mars dernier, son déplacement n’ayant pas été accepté.
Du fait de ce nouveau positionnement, le collectif a déposé, le 30 avril dernier, une requête en annulation du permis de construire auprès du Tribunal Administratif. Une requête motivée par les nuisances que créerait, selon lui, la réalisation de ce méthaniseur : utilisation de parcelles communales pour les aménagements d’accès, passage de camions dans le village, cadre de vie dégradé, etc. « Sans oublier le fait que les 29 tonnes de traitement journalier pourraient être un jour dépassées », ajoutait Benoît Lefèvre
Un professeur de l’Université de Caen invité
De son côté, le Tribunal Administratif a, en juillet, demandé son avis à la commune sur ce projet. Une commune qui a répondu que sa volonté était de « maintenir et privilégier le cadre de vie des habitants ».
À ce jour, on est donc là : le collectif attend la décision du Tribunal Administratif sur sa requête en annulation du permis de construire du méthaniseur.
Un collectif qui, ce vendredi soir, avait invité Daniel Chateigner, professeur à l’Université de Caen Normandie et Membre fondateur du Collectif Scientifique National Méthanisation raisonnable (CSNM). Ce dernier a notamment expliqué pourquoi, pour lui, le modèle de méthanisation promu en France génère plus de risques que de bénéfices.
Inutile de dire qu’il a trouvé à Revelles un public acquis à sa démonstration…


