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Après la canicule, la Confédération paysanne 64 demande la réquisition du fourrage destiné à la méthanisation


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La Confédération paysanne des Pyrénées-Atlantiques demande au préfet de réquisitionner les fourrages destinés à la méthanisation. Le syndicat craint une pénurie de nourriture pour les animaux après une première récolte de foin très faible et un regain compromis par la canicule.

Face à une récolte de foin très insuffisante et à forte une sécheresse, la Confédération paysanne des Pyrénées-Atlantiques demande au préfet de réquisitionner les fourrages destinés à la méthanisation. Selon le syndicat, les récoltes de foin ont chuté de 50% notamment à cause des chutes de neige tardives du début du mois de mai. À cela s'ajoute la canicule de la semaine dernière, qui compromet le regain, c'est-à-dire la repousse de l'herbe après la première coupe. Le syndicat estime que les cultures de fourrage doivent servir en priorité à nourrir les troupeaux, plutôt que d'alimenter les méthaniseurs qui fabriquent du biogaz.

Des stocks qui pourraient être entamés dès la fin de l'été

Pour Gilles Delas, éleveur de brebis et de vaches béarnaises à Herrère à côté d'Oloron-Sainte-Marie, la situation est déjà préoccupante. Ses troupeaux sont actuellement en estive au col d'Aubisque, dans la vallée d'Ossau. Mais si la sécheresse se poursuit, il pourrait être contraint de les redescendre avant la fin du mois de septembre, ce qui l'obligerait à puiser plus tôt que prévu dans ses réserves de fourrage.

"Si on n'a pas de pluie, ça va être très compliqué parce que les montagnes sont très sèches. On va devoir descendre bien avant et attaquer les stocks de fourrage. Certains collègues ont déjà commencé à les utiliser", s'inquiète l'éleveur. Il regrette que le fourrage produit localement soit utilisé pour alimenter les méthaniseurs plutôt que les animaux : "On va devoir acheter du fourrage où ? En Espagne ? Ici, il n'y en aura pas, ça sera pour les méthaniseurs. Aujourd'hui, on entre en concurrence avec eux".

"L'État doit choisir entre produire du gaz et de l'électricité ou préserver les éleveurs et la production alimentaire"

Pour Gilles Delas, en période de crise, les cultures fourragères doivent d'abord servir à nourrir les animaux. "Je trouve que c'est une aberration de continuer à envoyer du fourrage ou du maïs dans les méthaniseurs dans des périodes de sécheresse comme celle-ci. Les excédents, pourquoi pas. Mais sinon il faut revoir les priorités. L'État doit choisir entre produire du gaz et de l'électricité ou préserver les éleveurs et la production alimentaire". Au-delà de la réquisition des fourrages destinés à la méthanisation, la Confédération paysanne demande également à l'État de favoriser la contractualisation entre éleveurs et céréaliers afin de sécuriser des stocks de fourrage.

Pour l'instant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques n'a pas répondu à nos sollicitations.