Méthanisation : cette étude inédite en France menée dans les Ardennes s’intéresse aux effets sur les animaux
Quels sont les impacts de la méthanisation sur la faune sauvage ? Cette question fait l’objet d’études uniques en France, menées par des chercheurs du Cerfe en Argonne.
Le 30 octobre 2026, une conférence sur les effets de la méthanisation sur la faune sera donnée à la Maison de la Nature de Boult-aux-Bois. Des données scientifiques vont être révélées au grand public, grâce au travail de doctorat de Lucille Capitaine qui vient de terminer sa thèse dont l’intitulé est : « l’étude des effets des cultures Cives sur la faune sauvage ».
Cela met en valeur le projet Méthafaune lancé par le Cerfe (Centre d’Études et de Recherches et de formation en éco-éthologie), basé à Boult-aux-Bois, sur la Zarg (Zone atelier en Argonne) en partenariat avec l’Université de Reims Champagne Ardenne.
Alors de quoi s’agit-il exactement ? Pour commencer, les Cives sont des cultures intercalées entre deux cultures principales, elles sont semées et fauchées à des dates différentes. Ces cultures sont semées et récoltées pour alimenter les méthaniseurs. Elles sont généralement très hautes et très denses.
Des balises GPS sur les perdrix et les chevreuils
Pour étudier les effets de ce changement dans les cultures, l’équipe de scientifiques a posé des balises GPS sur des chevreuils et des perdrix. « C’est pour étudier comment ces animaux utilisent les cultures », explique Lucille Capitaine. « Vont-ils dormir, manger ? » « On a constaté que les Cives d’été étaient très utilisées par les chevreuils, par contre pour les perdrix, les Cives d’hiver sont fréquentées au début de la croissance, mais quand elles atteignent deux mètres, elles sont évitées par les perdrix. » Et de conclure que « cela peut jouer sur le déplacement des animaux ».
L’autre partie de la thèse portait sur la mortalité lors des Cives d’hiver. « On a trouvé des micro-mammifères, mais pas de nids, ce sont donc des cadavres de petits rongeurs qui ont été trouvés derrière le passage des moissonneuses. » Mais la doctorante explique que, pour affirmer ces résultats, il faudrait renouveler l’opération en multipliant le nombre de parcelles et le nombre de zones étudiées.

Lucille Capitaine, a mené une étude unique en France. - V.K.
Le troisième volet de l’étude concerne les micro-mammifères : est-ce qu’ils utilisent les Cives d’été ? « Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de micro-mammifères, ce peut être un problème pour les agriculteurs, mais sur le plan de la biodiversité c’est intéressant, car cela contribue à alimenter la chaîne alimentaire, notamment les rapaces. »
Première étude du genre en France
En conclusion, pour Lucille Capitaine, « il faut continuer les études, pour déterminer exactement les impacts sur les cultures ». Le but étant bien de voir comment la faune utilise ces parcelles pour mettre en place des mesures adaptées pour la faune.
Autre aspect important : cette étude est la première du genre en France. Le travail de Lucille s’inscrit dans la Chaire industrielle Merge (Méthanisation en région Grand Est), dont l’objectif est d’étudier l’impact de la méthanisation sur le territoire de la Zarg. La conférence se fera en partenariat entre la Zarg et la Maison de la Nature. Vingt équipes de recherches y travaillent, dont le Cerfe.
La conférence aura lieu à la Maison de la Nature de Boult-aux-Bois, à 18 h 30, l’entrée est gratuite. Vous pouvez réserver vos places en appelant le 03 24 30 24 98. Ou consulter le Facebook de la Maison de la Nature pour plus d’informations.

